Bonus subculture 1993 (gracieusement mis à disposition par Otago)

J’ai fait la connaissance d’Emmanuel aka Otago par le biais de CCV. Je suis assez admiratif de sa capacité à trouver des documents inédits et / ou rares concernant Dominique qu’il partage toujours généreusement. Plutôt orienté années 2010 et plus, il a déniché, une fois n’est pas coutume, un document datant de 1993 qui a toute sa place dans ce blog rétrospectif.

Si vous possédez d’autres documents de ce type et que vous souhaitez en faire profiter la communauté, c’est avec plaisir que je les publierai avec votre autorisation. A bon entendeur.

Subculture été / automne 1993

Episode 11 : la grosse année 2002 (2ème partie)

Nous voilà donc à Saint-Etienne pour une interview organisée par les Inrocks au moment de la sortie du coffret Le détour. Nous avons fait le déplacement avec Isabelle ma copine de l’époque. Je ne résiste pas au plaisir de remettre l’article en ligne pour celles et ceux qui auraient manqué le début de ma plongée dans mes souvenirs anésiens :

Les Inrocks Numéro spécial lecteurs

Une chose qui me revient après coup : j’avais demandé à Dominique s’il n’avait jamais songé à se réapproprier une chanson écrite pour quelqu’un d’autre. C’était avant Revenir au monde (refusée par Jane Birkin de mémoire) ou Immortels (non utilisée par Alain Bashung) et finalement intégrées au répertoire de Dominique. Sur le coup, il m’avait répondu par la négative en me demandant toutefois à quel titre je pensais en particulier. J’avais en tête Motus qui figure sur le premier album de Françoiz Breut et lui en fit part.

Quelques jours plus tard, nouveau concert, à Saint-Genis-Laval cette fois.

Le petit bulletin

Isabelle est présente avec moi. Dominique déroule son set et à notre grande surprise joue Motus pour une des seules fois de sa carrière à ma connaissance.  Est-ce que Dominique, nous sachant dans la salle avait voulu nous faire plaisir, ou est-ce que l’idée avait cheminé dans son esprit et ne lui avait pas semblé si saugrenue au fond ? Allez savoir.

Episode 10 : La grosse année 2002 (1ère partie)

La tournée qui suit la sortie de l’album débute à Mâcon et je parviens à convaincre ma compagne de l’époque de faire le déplacement à la Cave à Musique. Selon Vincent Dedienne, régional de l’étape, « Mâcon c’est un peu l’idée qu’on peut se faire de la mort, ou mieux, de l’agonie ». Mais le concert est superbe et, premier signe de fan attitude, je récupère la setlist que je fais dédicacer par Dominique.



A partir de ce moment, je commence à m’intéresser sérieusement au bonhomme. Je réclame des enregistrements pirates sur le site de sa maison de disque et on m’oriente discrètement vers son forum alors non officiel Comment Certains Vivent (CCV pour les intimes). J’y fais la connaissance virtuelle de quelques joyeux drilles (Jröm, Yohann aka libilule) qui dissertent à l’envi sur Dominique et j’y rencontre Isabelle déjà mentionnée plus haut. Les échanges sont intenses, nombreux et sans complaisance pour Dominique (nous y reviendrons). Même traitement pour Bernard Lenoir, soutien de la première heure, qui se voit intimer l’ordre un soir par un dénommé Pierre-Jacob de fermer sa gueule parce qu’il parle trop entre les chansons lors d’une Black Session.

Pas de souvenir de la date au Ninkasi à Lyon quelques semaines plus tard mais, par contre, j’ai en tête un concert improvisé avec Noir Désir et Yann Tiersen, place des Terreaux à Lyon entre les deux tours de l’élection présidentielle pour dire « Non » au père Le Pen.

Les Inrocks sont à nouveau sur le coup et reviennent longuement sur cet engagement citoyen :

Un concert estival est l’occasion de retourner à Grenoble pour une nouvelle date en groupe et une nouvelle setlist écrite à la main ce coup-ci :

Episode 9 : Auguri

2001 : Nouveau départ. Je quitte Grenoble sans regret et j’emménage à Lyon. Dominique donne à nouveau de ses nouvelles via la compil des Inrocks avec un titre qui dépote bien : Pour la peau.

La sortie d’Auguri est l’occasion pour les Inrocks de réaliser une interview croisée avec Miossec qui de son côté sort un nouvel opus intitulé Brûle. Souvenirs de casse-couilles.


A la même époque Dominique se produit en solo dans une salle un peu glauque de Lyon et expérimente sur scène un système de re-recording qui lui permet de construire les morceaux à base de samples joués live. De son propre aveu ultérieur, il ne maîtrisait pas encore tout à fait cette technique (moins en tout cas que Joseph Arthur qui lui a montré la voie), mais il en fera la constante de ses concerts solos à venir (mes préférés). Nouvelle taquinerie avec un spectateur qui le branche depuis le début du concert et à qui il demande d’aller lui chercher une bière. Alors que ce dernier s’exécute, et revient avec la bière demandée, il se retrouve un bon moment la main tendue pendant que Dominique accorde sa guitare sans le voir. Interrogé plus tard par mes soins sur cette brimade, Dominique me certifiera ne pas avoir vu le gars avec sa bière à la main. Auguri découvert ce soir-là en avant-première reste aujourd’hui mon album favori.

article issu de la revue culturelle 491

Episode 8 : Remué, explication de texte

Très vite un rituel s’est imposé : à chaque nouvel album, Dominique fait la couverture des Inrocks. En 1999, Remué ne fait pas exception après une mise en bouche en début d’année

on apprend peu de temps après que “Dominique A n’est pas un jeune homme moderne”.

Comprenne qui pourra.


Bien plus rares ont été les apparitions de Dominique dans la presse rock traditionnelle. Je n’ai pas en mémoire d’articles dans Rock and Folk et contre toute attente j’en ai trouvé un dans Best.

Sauf erreur de ma part, Dominique a récemment déclaré qu’il lisait ces revues quand il était plus jeune et dans mon souvenir, Best proposait plutôt ce type de couvertures (ceci dit, j’aime beaucoup Iron Maiden et Bruce Dickinson).

Mais en 1999, Best s’est fendu d’un bel article pas du tout à côté de la plaque, sans complaisance (c’est écrit) et fort esthétique, il faut en convenir. Jugez plutôt :

Vers le bleu ?

Episode 7 : Le choc “Remué”

1999, j’ai quitté Nice où je tournais en rond. Direction Grenoble pour un premier vrai job. Je n’aime pas trop cette ville. J’ai du mal à m’y faire des connaissances et je retrouve souvent et principalement un pote niçois lui aussi expatrié. Quelques concerts Rock même si le Reggae règne en maître dans le chef-lieu du Dauphiné : Muse, Massive Attack, The Cure, Tue-Loup, Louise Attaque.

 Je n’attendais pas spécialement le nouvel opus de Dominique, Remué, mais je l’ai quand même acheté dès sa sortie. Et comme beaucoup de gens j’ai dû être dérouté par le parti pris radical de l’album. Je n’étais pas au courant de la volonté de Dominique de rompre avec l’image de sauveur de la chanson française de qualité. Pour avoir réécouté récemment l’album dans sa réédition augmentée, je me dis que c’était super gonflé de commencer avec un titre aussi âpre que Comment Certains Vivent morceau mal aimable s’il en est. Je ne fais pas partie de ceux qui ont longtemps (et en vain) réclamé un Remué II, mais j’aime beaucoup cet album. Y figure notamment Retrouvailles, dont les vers suivants sont devenus ma devise sur différents forums : “non je ne suis pas si drôle que ça, on dit l’inverse, en général, les gens me trouvent un peu sévère mais sympa”

C’est également à Grenoble que je vois Dominique sur cette tournée. Si ce soir-là, le public est au rendez-vous c’est probablement dû à Yann Tiersen avec qui Dominique partage l’affiche. Tiersen commençait à se tailler alors un beau succès avant même la déferlante Amélie Poulain. Pour en avoir discuté avec Dominique, ce fût pour lui une tournée éprouvante. Jouer devant 80 personnes dans des salles pouvant en accueillir dix fois plus, n’était pas chose aisée. C’était manifestement le prix à payer pour se débarrasser des fans de Gilbert Bécaud dont il était censé assurer la relève.

Une anecdote relevée lors d’un de ses rares passages dans le Sud-Est qu’il a longtemps snobé de crainte probablement d’avoir à rendre des comptes au fan club de Dick Rivers. A Grasse, à l’issue d’un concert organisé par une petite structure locale et où le public ne s’était pas déplacé en masse, Dominique proposa spontanément de réduire son cachet pour ne pas faire boire le bouillon à l’organisateur. Sévère mais sympa.

Episode 6 : Les années Lithium

Est-ce que l’histoire aurait été la même sans la rencontre avec Vincent “casse-burnes” Chauvier ? On ne le saura jamais. Petit retour des Inrocks sur les années Lithium. Qu’est devenu Vincent au fait ?

Bel hommage à Michel Berger

Episode 5 : Bonus photos (presque inédites)

Il fut un temps où je guettais sur internet la mise en vente de tout objet en rapport avec Dominique. C’était ma période groupie option fétichiste. Je me suis bien calmé depuis même si je continue à collectionner les dédicaces sur CD ou livres. De cette période je conserve quelques souvenirs dont quelques photos de cette session réalisée pour illustrer les articles de presse accompagnant la sortie de La Mémoire Neuve.

Elles sont signées P. Messina et on y retrouve le fameux pullover rouge à col roulé.

A très bientôt pour d’autres souvenirs.

Photo P. Messina
Photo P. Messina
Photo P. Messina
Photo P. Messina

Episode 4 : Découverte et premier concert

Retour en 1995 ou 1996 donc. Je vis à Nice. N’ayant jamais imaginé écrire un jour sur le sujet, je n’ai pas pris de notes. Comme dans ma vie de tous les jours je fais (trop ?) confiance à ma mémoire. Il n’est donc pas exclu que des imprécisions ou des anachronismes se glissent ici-ou-là.

Je ne saurais dire avec exactitude comment je suis venu à la musique de Dominique. L’hypothèse la plus probable est l’emprunt de la Mémoire neuve à la médiathèque que je fréquentais beaucoup à l’époque. Je ne peux pas à proprement parler de coup de foudre. J’étais sensible au charme suranné de l’album et je n’avais pas écouté précédemment La Fossette ou Si je connais Harry que je découvrirai bien plus tard.

Pas de coup de foudre donc mais suffisamment d’intérêt pour que j’offre le CD à ma copine de l’époque et pour que je prenne ma place pour le concert de Dominique au Forum (ancien cinéma ayant pallié pendant quelque temps le manque cruel de salles de concerts à Nice).

De ce concert, je garde deux souvenirs précis : tout d’abord, les musiciens qui échangeaient régulièrement les instruments entre-eux. Il devait y avoir sur scène Sacha Toorop, Pierre Bondu et Françoiz Breut bien sûr qui intervenait en cours de concert. Ce qui m’a marqué également, c’est la propension de Dominique à chambrer son public. Quelques exemples : Dominique se mettant à fredonner Nice baie des anges de Dick Rivers et demandant au public si nous n’avions jamais pensé à faire un procès au grand Dick pour cette chanson. Réponse d’un petit malin : « Dick Rivers c’est notre fierté ». Conclusion de Dominique : « Ah ben ça explique pas mal de choses ».

Je ne résiste pas au plaisir de partager le clip de ce sommet de la chanson française :

Un peu plus tard, un spectateur réclame entre chaque chanson, un titre de Miossec en indiquant que ce dernier a repris le Twenty-Two Bar lors de son concert niçois. Réponse de Dominique : « Mais quel est ce chanteur polonais dont vous me rebattez les oreilles depuis tout à l’heure ? ».

Dernière saillie et pas la moindre : un petit malin (toujours le même ?) dit à Dominique qu’il l’a vu Au cercle de minuit. « On t’a vu l’autre soir chez Laure Adler ». Pas de réponse. « Elle est bonne Laure Adler ». Pas de réponse. « Tu te l’es faite Laure Adler ? » Et Dominique de répondre : « entendons-nous bien : Laure Adler c’est ma mère ». Et comme peu de gens connaissaient le patronyme de Dominique à l’époque, ça avait jeté un léger froid. Magnéto Serge :

https://www.ina.fr/video/I06012610/dominique-a-a-propos-de-ses-debuts-video

Je me rappelle enfin avoir été favorablement impressionné par une chanson intitulée Sous la neige. Je laissais donc provisoirement Dominique de côté même si je me souviens avoir écouté avec plaisir le premier album qu’il avait composé pour Françoiz Breut.

Merci à Jérem pour les liens

Episode 3 : Les premières couves

Il ne fait aucun doute que des articles ont été publiés sur Dominique avant 1995, mais cette année-là marque les grands débuts médiatiques du sieur Ané avec à quelques semaines d’intervalles, les unes des Inrockuptibles et de Magic et des articles fouillés inside. Deux articles donc et deux approches très différentes du personnage. D’autres couvertures et d’autres articles suivront au fil du temps, mais ça c’est une autre histoire…

Avec le commentaire de Dominique

Episode 2 : John Merrick

John Merrick a longtemps constitué pour les fans de Dominique la première trace enregistrée de son œuvre. Pourquoi John et pas Joseph Merrick ? Mystère. Question de droits peut-être ?

Est-ce que j’aurai écouté ces titres s’ils n’étaient pas écrits et interprétés par Dominique ? Assurément pas.

Et-ce que je les écoute de temps en temps ? Non plus.

Je viens de m’y coller pour écrire ces quelques lignes et hormis deux titres qui, selon moi, sortent du lot (« Downtown » et « Tous les dimanches se ressemblent »), ce qui m’interpelle c’est sa voix. Haut perchée, très haut perchée. Même si la musique se situe clairement dans la mouvance New Wave, la voix de Dominique évoque quant à elle une forme de chanson réaliste quelque part entre Piaf et Mano Solo. Pendant longtemps, j’ai pensé que la vitesse de défilement de la cassette dont sont issus les enregistrements était en cause, mais ça ne semble pas être le cas si je m’en fie à la version de « Tous les dimanches » qu’on retrouve sur « Les Sons Cardinaux ». Et à y repenser, « Gisor » n’est pas si loin.

Pour illustrer tout ça, quelques documents généreusement fournis par Emmanuel aka Otago.

Livret cassette 1
Livret cassette 2
Extrait du rock nantais

Episode 1 : En guise d’introduction

Ma première rencontre « officielle » avec Dominique A remonte à 2002. J’avais contacté Les Inrockuptibles pour leur proposer un article pour le numéro rédigé par les lecteurs. L’idée était de s’appuyer sur la sortie du coffret Le Détour pour passer en revue la carrière de Dominique. Grâce à l’hebdomadaire, rendez-vous avait été pris à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Etienne en début d’après-midi. Isabelle, ma compagne de l’époque, rencontrée grâce au forum de Dominique, était également du voyage.

A l’issue des balances, Dominique, accompagné de son attaché de presse, nous avait rejoints et avait proposé d’aller faire l’interview dans un café proche de la salle. Ma première question avait pour objectif d’évacuer le stress et de montrer ma connaissance du sujet. Dominique avait fait allusion dans une interview au risque de rencontrer quelqu’un dont on est fan (il faisait référence à un rendez-vous décevant avec Stephen Merritt des Magnetic Fields). Je lui demandais donc si je prenais un risque en venant l’interviewer. « Un gros risque », m’avait-il répondu dans un grand rire. La glace était rompue.

De cet entretien, je garde le souvenir de Dominique très disponible et très prévenant à l’égard des journalistes amateurs que nous étions. Il mentionnera plus tard dans son carnet de bord qu’il avait probablement laissé pas mal d’énergie à évoquer de vieux souvenirs avec « un très gentil couple ».

Même si je suis rétrospectivement assez content du travail effectué avec Isabelle, quelques regrets demeurent : résumer en trois pages ce long temps d’échange avait impliqué de sérieuses coupes dans le riche matériau dont nous disposions ; les dessins réalisés par une amie pour illustrer l’article n’avaient finalement pas été retenus par le journal au profit, il faut le reconnaître, d’une jolie photo ; le titre de l’article que nous avions proposé, « Mes meilleurs Ané », trop référentiel, était également passé à la trappe et remplacé par un passe-partout « Questions pour un champion ».

Photo Soraya Hocine

Interview intégrale pour les plus patients sur CCV : https://www.commentcertainsvivent.com/interviews/dominique-a-intw-saint-etienne

En rangeant il y a quelques semaines, les archives collectées sur Dominique pendant toutes ces années, l’envie m’est venue de les partager. J’ai alors repensé à cette première rencontre. C’est elle qui va guider ce qui va suivre.

Le titre d’abord et son jeu de mot toujours aussi référentiel mais moins pointu depuis que Dominique publie des livres sous son patronyme. Alors va pour « Mes Meilleurs Ané ». 

Concernant les documents mis en ligne, l’idée est de les proposer exhaustivement sans les hiérarchiser. Connaissant l’aversion de Dominique pour la diffusion des documents audios et vidéos de qualité douteuse, vous ne trouverez ici principalement que des archives papier.

L’idée d’un simple archivage ne me satisfaisant pas totalement, j’ai également pris le parti de raconter, en parallèle, ma vie de fan au travers d’anecdotes et de souvenirs liés à Dominique et à sa musique.

Petit souvenir
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)