Episode 24 : les 5 albums île déserte

C’est un peu un passage obligé lorsqu’on interroge un artiste. Sur une île déserte, vous emporteriez quels disques ou quels livres ?

Par l’intermédiaire de ses diverses chroniques, Dominique a souvent eu l’occasion de mettre l’accent sur les albums qui l’ont marqué. Et s’il ne devait en rester que 5, ce seraient lesquels ? Réponse en image et en musique ci-dessous :

Mes Meilleurs Ané : pourquoi ceux-là précisément ?

Dominique A : parce que c’est beau, d’une tristesse toujours chavirante et réconfortante, et qu’il y a comme rarement à chaque fois correspondance absolue entre les chansons et la façon de les mettre en son.

Mais 5, c’est trop peu, je reviens sur beaucoup plus de disques que ça (Nico, Murat, Bashung, Manset, The Opposition, Cure, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Visage, Soft Cell etc…).

Episode 23 : interview 2020

Durant toutes ces années, j’ai rencontré Dominique à de nombreuses reprises et j’ai eu l’occasion de l’interviewer 3 fois. Lorsque j’ai commencé à mettre en ligne ce blog de fan, l’envie est venue de boucler la boucle et d’interroger Dominique sur son rapport à la célébrité. Il s’est gentiment prêté au jeu.

Mes Meilleurs Ané : bonjour Dominique, plusieurs projets en cours concernent des témoignages de tes fans. Tu es habitué à recevoir des réactions instantanées ou à chaud mais à quoi t’attends-tu à la lecture de ces témoignages de longue haleine ? 

Dominique A : des coups de latte et des baisers ! Suivre un artiste sur les années, c’est adhérer, puis rejeter, puis y revenir (ou pas)… Un mouvement de balancier que je connais bien moi- même puisque c’est ce que je ressens vis-à-vis de mes « idoles ». En ça, c’est instructif pour moi, de savoir ce qu’il en a été par rapport à mon parcours. Et plus généralement, et plus simplement, c’est assez touchant de voir comment on est immergé, par chansons interposées, dans l’existence de quelqu’un.

Mes Meilleurs Ané : on raconte souvent qu’à tes débuts c’était tendu sur scène avec le public. Puis c’est devenu plus chambreur par la suite. Comment tu vis ces échanges quand tu es sur scène et comment as-tu évolué par rapport à ça ?

Dominique A : c’était tendu lorsque je l’étais moi-même, et ça peut encore se produire (la dernière fois, en 2018, au Confort Moderne à Poitiers, où j’ai perdu mon sang-froid face à une spectatrice un peu pénible). Après, il n’y a pas de règle. J’essaie à chaque fois de rendre justice aux morceaux eux-mêmes, je suis concentré sur l’exécution, et en recherche de moments où les choses me dépassent, dans le bon sens du terme. Ça n’a pas tant changé je crois, si ce n’est que je suis plus détendu face aux gens, je pense, moins sur mes gardes.

Mes Meilleurs Ané : si on met de côté les réseaux sociaux, pendant longtemps tu n’as pas eu de site internet officiel et c’est finalement un forum de fans (CCV) qui est devenu le support officiel. Comment ça s’est fait ? Est-ce que tu suivais ce qu’on racontait sur toi sur le forum ?

Dominique A : oui, ça m’arrivait bien sûr, mais en cours de tournée, ce n’est pas forcément une bonne chose. Les avis de « fans » ne reflètent pas forcément le point de vue du public dans son ensemble, il y a chez eux un investissement, et un grossissement de la loupe qui peuvent être trompeurs. Après, quand certains commentaires négatifs sont récurrents, c’est qu’il y a incontestablement un fond de vérité, et des choses à revoir. En ce qui concerne la façon dont ça s’est fait avec CCV, Yvan et Sam avaient déjà ouvert le site avant de m’en parler de visu, et quand on s’est vus, on s’est bien entendu et je leur ai proposé tous ces multiples billets, qu’ils mettaient en ligne, et qui m’ont permis de me faire la main sur le plan de l’écriture, sans que ce soit le but premier, qui était d’établir un lien avec les gens qui me suivaient et partager mes engouements.

Mes Meilleurs Ané : beaucoup de gens connaissent l’anecdote sur ton premier passage aux victoires de la musique. Bernard Lenoir évoque dans un documentaire qui t’est consacré, ce refus de la célébrité. Aujourd’hui tu occupes une place importante dans la chanson française mais est-ce que tu n’as jamais eu envie que ça cartonne encore plus pour toi ?

Dominique A : ah ben si, j’aimerais bien que ça cartonne vraiment ! Mais comment se plaindre ? Je suis toujours là,  j’en vis bien, et plein de gens accordent encore de l’attention à ce que je fais. On n’est pas si nombreux à pouvoir en dire autant au bout d’une trentaine d’années.

Mes Meilleurs Ané : lorsque tu évoques tes influences, il y a en général deux voies distinctes : la chanson française classique (Barbara, Brel) et le rock indé / new wave. Qui est pour toi au final la figure la plus importante de la musique ?

Dominique A : je ne peux pas choisir mon camp musicalement, je suis exactement à la croisée des chemins. Mark Long, chanteur de The Opposition, avec qui j’ai eu l’honneur de donner un concert en décembre à Nantes, m’a dit que c’est ce qu’il aimait chez moi: un classicisme français dans la voix imbriqué à un son selon lui typiquement anglais.

Mes Meilleurs Ané : lorsque Talk Talk a sorti The Laughing Stock, tout le monde a parlé de suicide commercial. Comment analyses-tu la démarche de Mark Hollis une fois qu’il a atteint des sommets de célébrité ? As-tu eu toi-même ce type de tentation du repli à un moment donné ?

Dominique A : oui, je connais bien cette tentation, stérile s’il n’y a que de l’orgueil derrière, et j’ai donné dans ce travers. En ce qui concerne Mark Hollis, je crois qu’il ne pouvait pas faire autrement, et qu’il avait en ligne de mire artistique une vision musicale qui ne souffrait d’aucun accommodement avec l’industrie. Mais ça, on ne peut pas le décider. Se lever le matin et se dire que sciemment, on va casser le jouet, ça ne se peut pas, sauf si c’est encore une fois l’orgueil qui parle, et pas une nécessité artistique.

Mes Meilleurs Ané : pour conclure cet entretien, est-ce qu’à ce stade, tu peux me dire quelle direction prendra ton prochain album ?

Dominique A : c’est encore flou. Je sais juste que ce sera un travail de groupe, avec des arrangements d’orchestre. J’ai une dizaine de morceaux écrits, mais qui vont sans doute beaucoup évoluer avec le travail de groupe. Je vais sinon faire diffuser bientôt sur le net un ep très électro, enregistré en période de quarantaine, et qui ne préfigure en rien de ce que sera la suite: une façon d’exprimer musicalement et en temps réel ce que j’ai ressenti ces derniers mois, et de maintenir un lien avec les gens qui me suivent, comme avec la reprise de « L’éclaircie ».

Episode 22 : 2018 / 2019 Toute latitude – La fragilité

Dominique fait son retour en mars 2018 avec Toute Latitude. Je suis partagé concernant cet album. Autant un titre comme Corps de ferme à l’abandon me parle et marquera durablement les esprits je pense, autant la volonté de saisir l’air du temps me passe un peu au-dessus.

Côté presse, les fidèles Inrocks consacrent une nouvelle couverture à Dominique :

walk like an egyptian

Alors que dans un autre média ami, Télérama, Valérie Lehoux se fend d’un article pour le moins critique qui n’est pas loin de refléter mon propre état d’esprit.

Côté scène, je vois tout de même Dominique à quatre reprises en quelques mois. Si je ne devais retenir qu’un seul concert, ce serait la rive solitaire à la Cité de la Musique en avril avec la découverte d’Adrian Crowley en première partie, et la primeur de certains titres de La fragilité.

A Manosque où je me rends en septembre 2018 après quelques années d’absence, Dominique met en musique son dernier livre Ma vie en morceaux une mise en perspective de sa vie et de ses chansons. Quelque part, toutes proportions gardées, ce que je viens de faire à mon tour. Il renouvellera l’expérience à Bron quelques mois plus tard.

A l’issue d’une énième rencontre Fnac, nous allons discuter avec lui avec Isabelle et il nous laisse son mail. Depuis lors je me permets de temps en temps quelques remarques de vieux fan.

Après toutes ces années, alors qu’il se rappelle maintenant de mon prénom, il m’est toujours difficile de l’aborder et de discuter avec lui. Ce site est ma façon d’exprimer ce que je n’ai jamais pu lui dire de vive voix.

A suivre…

Episode 21 : 2015 – Eléor

En 2015 la sortie d’Eléor m’inspire des sentiments mitigés. La tonalité mainstream de l’ensemble ne me touche pas à quelques notables exceptions (Au revoir mon amour, L’océan, Oklahoma 1932). Je le vois pourtant (on ne se refait pas) sur scène à trois reprises en début (Grenoble), milieu (Carhaix) et fin de tournée (Caluire). Les concerts sont bons mais si Jeff Hallam apporte un vrai plus, Thomas Poli manque à l’appel et son inventivité fait défaut.

Paradoxalement, au final c’est le concert des Vieilles charrues, sous un ciel menaçant, et devant un public plus ou moins attentif, qui m’aura le plus convaincu grâce à son format festival plus ramassé.

https://www.ina.fr/video/G1582572_001_007/vieilles-charrues-dominique-a-video.html

Merci à Jérémie pour toutes ces pépites

Episode 20 : 2012 Vers les lueurs…

Double actualité en 2012 pour Dominique : Vers les lueurs côté musique et Y revenir côté livre. Au premier abord, Vers les lueurs ne me séduit pas plus que ça et j’ai du mal avec le combo groupe rock + quintet classique. Rendez-nous la lumière, qui par la suite m’emballera régulièrement en concert, me laisse perplexe. L’aspect frontal du propos tranche par rapport aux textes précédents à tel point que certains fans comparent le morceau à du Florent Pagny (rendez-nous les impôts ?). Par contre, Le Convoi m’emporte littéralement et le triumvirat Inrocks / Magic / Télérama est au rendez-vous.

Les Inrocks mars 2012
Magic avril 2012
Télérama avril 2012

Dans un premier temps je décide de faire l’impasse sur le concert de Dominique aux Nuits de Fourvière, hérésie lorsque je pense au nombre de kilomètres engrangés pour le voir. Je me ravise finalement suite à un bref échange avec lui à l’issue d’une rencontre autour d’Y revenir. Je me dis que je ne peux pas passer à côté d’une occasion de le voir si près de chez moi. Bien m’en prend car c’est l’occasion de le voir interpréter La Fossette en trio et en intégralité. En deuxième partie, l’apport du quintet à vents ne me convainc pas plus que sur disque et il faudra un concert en format rock à Fontaine près de Grenoble pour que j’adhère totalement.

Episode 19 : 2009 – La musique / La matière

Nouveau bond en avant dans les années. Je suis peut-être passé à autre chose. Je ne sais plus. Pas d’attente particulière au moment de la sortie de La Musique et La Matière. Si sur le moment, j’ai bien aimé ces albums, a posteriori, La Musique reste aujourd’hui l’un de mes préférés et un de ceux que j’écoute le plus souvent.

La sortie du dyptique est l’occasion pour les Inrocks de donner les clés de leur hebdo à Dominique rédacteur en chef d’un jour. L’occasion d’évoquer sa passion pour le graphisme, ses engagements citoyens et quelques confrères dont le « nihiliste caennais » Orelsan et le maître Alain Bashung. L’occasion enfin d’une explication de texte avec Luz et ses dessins sur les chanteurs francais.

Sur scène Dominique joue en trio avec un nouveau venu, Thomas Poli, qui apporte une touche personnelle très bienvenue. Emballé par le concert, je monte voir Dominique au casino de Paris où je croise Jipé Nataf à qui je dis tout le bien que je pense de ses albums solos. Même si pendant cette période je m’éloigne de Dominique, je me rends compte que j’aurai quand même écumé pas mal de salles à Paris ou en Rhône-Alpes pour le voir en concert. J’ai arrêté de faire le décompte des concerts ou show case auxquels j’ai assistés à ce jour, mais plus d’une cinquantaine ne me paraît pas improbable.

Episode 18 : Dominique vs Katerine

Pas beaucoup d’actualité en 2007. Si l’on en croit les Inrocks, Dominique et Philippe Katherine, pourtant compagnons de route de longue date, n’avaient jamais fait l’objet d’une interview croisée. Ce fut chose faite cette année-là. Au programme, correspondance chatiée et léchage de torse au cognac. Et une nouvelle couv’ en prime bien sûr.

Aime-moi moins

Peu d’actualité mais grand chelem culturel avec tirage de portrait en dernière page de Libé et article dans Télérama.

Episode 17 : 2006 dans un camion

Fin 2006. Comme promis lors de la rencontre à Saint-Etienne quelques mois plus tôt, Dominique nous donne à nouveau rendez-vous pour un entretien longue durée avant le concert lyonnais de la tournée Horizon. Yohann fait le déplacement depuis Avignon.

Nouvelle interview donc et nouvel angle d’attaque : les collaborations. Nous souhaitons échanger avec Dominique sur ses choix en matière de musiciens, ingé son etc. et sur sa manière de travailler avec eux. L’idée est également d’interroger ces derniers sur leur rapport à Dominique. Si celui-ci se prête volontiers au jeu des questions / réponses, les musiciens qui l’accompagnent sur la tournée, ne sont pas au courant de notre demande et ne sont pas spécialement partants pour discuter avec nous quelques instants avant le concert. Pour couronner le tout, nous ne parviendrons pas avec Yohann à mettre en forme l’interview qui ne sera au final jamais publiée ce qui scellera la fin de notre collaboration.

Episode 16 : 2006 – Nouveaux horizons

En 2006, Dominique sort un nouvel album intitulé l’Horizon. Toujours friand d’infos sur les coulisses du spectacle, je note quelque part que la réalisation de cet album a coûté 75 000 € que Dominique a financé pour moitié. La sortie de l’album donne lieu aux désormais habituels articles très positifs dans les Inrocks et Magic mais également Télérama qui l’aimait bien à l’époque…

Inrocks
Magic
Télérama

Episode 15 : Le grand pardon

2005 ne me laisse pas de souvenirs même si je suis à peu près sûr d’avoir vu Dominique sur scène au théâtre de Nice.

Demandez Nice-Matin

Je retrouve dans mes archives un article de Dominique publié dans Mares « le journal d’information du pôle-relais Mares et Mouillères de France ». ça ne s’invente pas. Il y est question de l’eau, thématique qui reviendra régulièrement par la suite dans son oeuvre musicale et littéraire.

si ça c’est pas du collector…

Il est fort probable que c’est à ce moment-là que refusant de nous laisser abattre, nous ayons décidé avec Yohann (aka Libilule) de travailler sur un projet de blog sur Dominique. Pas de forum, donc pas de problèmes en vue.

Nous choisissons d’intituler notre site Revenir au monde. Yohann a pondu un joli design et le blog a belle allure. On y intègre quelques archives (déjà) et, sans le moindre contact, Yohann parvient à dénicher des infos en avant-première sur Dominique. Cela lui vaut un jour d’être contacté par la maison de disque qui lui demande gentiment de garder pour lui un scoop déniché par hasard. Il s’y plie de bonne grâce mais réclame en échange une mèche de cheveux de Dominique. Sa demande ne sera bizarrement jamais exaucée.

Cela nous permet toutefois d’établir un contact avec le management de Dominique et de décrocher quelques minutes d’interview avant un nouveau concert à Saint-Etienne (salle Jeanne d’Arc toujours).

Même si le contact avait à nouveau été établi après un show case quelque temps auparavant, je me présente à la salle sans savoir à quoi m’attendre. Dominique m’accueille en riant avec un « alors c’est vous les dissidents ? » puis me remet et me dit que j’aurais dû me faire connaître pour bénéficier d’un temps d’échange plus conséquent. Pour éviter la redite avec l’interview des Inrocks, j’avais récupéré une liste de titres choisis par Dominique  pour la Fnac et je lui demande de les commenter.

Nous parlons notamment de Riverman de Nick Drake et, plus surprenant, de Candy’s room de Bruce Springsteen dont Dominique apprécie particulièrement l’intro toute en crescendo qu’il se met à chanter pour moi à pleine voix à l’instar du Boss.

Episode 14 – 2004 : L’imprudent

2004 et nouvelle couverture des Inrocks et nouvel article pour la sortie de Tout Sera Comme Avant.

Epok éphémère revue de la FNAC
J’achetais tout et n’importe quoi sur internet à l’époque…
Le Petit Bulletin

Fin 2004, bien que refroidi par l’épisode du forum avorté, je vois Dominique sur scène au Transbordeur à côté de Lyon. Une petite anecdote : sur cette tournée, Daniel Pabeuf, ancien membre de plusieurs groupes de rock français dont Marquis de Sade, fait partie de l’aventure. Un spectateur réclame systématiquement un titre des rennais ce à quoi Dominique met sèchement un terme en disant que Daniel Pabeuf doit le détester à ce moment-là. Il est assez frappant que Dominique, année après année, se coltine encore de temps en temps en concert des lourdauds qui lui cherchent des noises. Dominique ne présente pas les musiciens sur cette tournée (« ils n’aiment pas ça ») et même si le groupe semble bien vivre, se dégage de l’ensemble une impression de professionnalisme un peu froid qui, une fois n’est pas coutume, ne me touche pas.

Le Petit Bulletin
Setlist in progress (quel concert ?)

Episode 13 : 2003 / 2004 Coup de froid

Retour en 2003 donc. S’il s’agit d’une année calme artistiquement pour Dominique, sur le forum (CCV) ça s’agite. Les SYG qui l’administrent souhaitent mettre le paquet sur le contenu éditorial et n’ont pas trop envie de se prendre la tête à modérer nos propos. Et le ton monte. Un exemple : Dominique m’ayant raconté qu’Arnaud Viviant des Inrocks avait revendu son exemplaire dédicacé du Disque Sourd, je relate l’anecdote sur le forum et me fais limite traiter de collabo pour avoir balancé son nom. Une autre fois, suite à un post d’un des membres jugé irrespectueux, le forum ferme quelques jours avec menace implicite de fermeture définitive si on continue dans cette voie.

Peu en phase avec cette ligne de conduite, nous décidons avec Yohann aka Libilule de lancer un forum alternatif dont le ton se veut plus libre que sur CCV qui devient à cette époque le site officiel de Dominique. Sans être paranos, on sent que l’initiative ne plaît pas beaucoup et qu’on est attendu au tournant. Et le tournant arrive très vite. Une contributrice met en ligne sur notre site deux titres peu audibles enregistrés lors d’une courte prestation de Dominique et quelqu’un se charge de l’en informer. Fureur de sa part qui en parle dans une émission de radio en exprimant son mécontentement vis-à-vis de soi-disant fans qui se prennent pour des chevaliers blancs (sic) mais qui au fond ne le respectent pas. J’apprendrai plus tard que Dominique s’était sérieusement posé la question de faire fermer notre site. Finalement, il n’a pas à se donner cette peine puisqu’un hacker pirate notre site et le fait taire définitivement.

L’histoire n’aura duré que 2 ou 3 mois mais plombera quelque temps ma relation avec Dominique. J’ai notamment en mémoire une séance de dédicace au Salon du Livre à Paris, où Dominique était entouré des auteurs ayant écrit des nouvelles inspirées de son nouvel album Tout sera comme avant. Ce jour-là, j’ai été dans l’incapacité de m’approcher et c’est ma compagne qui s’était chargée de la dédicace.

Mais j’anticipe. Le premier contact avec Tout sera comme avant se fait je pense lors d’une lecture donnée à Bron en compagnie d’une actrice nommée Laëtitia Bégou qui lit des textes que Dominique met en musique. Laëtitia prendra plus tard pour nom de scène Laëtitia Velma.

avec l’ex Married Monk et régional de l’étape Fabio Viscogliosi

Episode 12 : bonus subculture 1993 (gracieusement mis à disposition par Otago)

J’ai fait la connaissance d’Emmanuel aka Otago par le biais de CCV. Je suis assez admiratif de sa capacité à trouver des documents inédits et / ou rares concernant Dominique qu’il partage toujours généreusement. Plutôt orienté années 2010 et plus, il a déniché, une fois n’est pas coutume, un document datant de 1993 qui a toute sa place dans ce blog rétrospectif.

Si vous possédez d’autres documents de ce type et que vous souhaitez en faire profiter la communauté, c’est avec plaisir que je les publierai avec votre autorisation. A bon entendeur.

Subculture été / automne 1993

Episode 11 : la grosse année 2002 (2ème partie)

Nous voilà donc à Saint-Etienne pour une interview organisée par les Inrocks au moment de la sortie du coffret Le détour. Nous avons fait le déplacement avec Isabelle ma copine de l’époque. Je ne résiste pas au plaisir de remettre l’article en ligne pour celles et ceux qui auraient manqué le début de ma plongée dans mes souvenirs anésiens :

Les Inrocks Numéro spécial lecteurs

Une chose qui me revient après coup : j’avais demandé à Dominique s’il n’avait jamais songé à se réapproprier une chanson écrite pour quelqu’un d’autre. C’était avant Revenir au monde (refusée par Jane Birkin de mémoire) ou Immortels (non utilisée par Alain Bashung) et finalement intégrées au répertoire de Dominique. Sur le coup, il m’avait répondu par la négative en me demandant toutefois à quel titre je pensais en particulier. J’avais en tête Motus qui figure sur le premier album de Françoiz Breut et lui en fit part.

Quelques jours plus tard, nouveau concert, à Saint-Genis-Laval cette fois.

Le petit bulletin

Isabelle est présente avec moi. Dominique déroule son set et à notre grande surprise joue Motus pour une des seules fois de sa carrière à ma connaissance.  Est-ce que Dominique, nous sachant dans la salle avait voulu nous faire plaisir, ou est-ce que l’idée avait cheminé dans son esprit et ne lui avait pas semblé si saugrenue au fond ? Allez savoir.

Episode 10 : La grosse année 2002 (1ère partie)

La tournée qui suit la sortie de l’album débute à Mâcon et je parviens à convaincre ma compagne de l’époque de faire le déplacement à la Cave à Musique. Selon Vincent Dedienne, régional de l’étape, « Mâcon c’est un peu l’idée qu’on peut se faire de la mort, ou mieux, de l’agonie ». Mais le concert est superbe et, premier signe de fan attitude, je récupère la setlist que je fais dédicacer par Dominique.



A partir de ce moment, je commence à m’intéresser sérieusement au bonhomme. Je réclame des enregistrements pirates sur le site de sa maison de disque et on m’oriente discrètement vers son forum alors non officiel Comment Certains Vivent (CCV pour les intimes). J’y fais la connaissance virtuelle de quelques joyeux drilles (Jröm, Yohann aka libilule) qui dissertent à l’envi sur Dominique et j’y rencontre Isabelle déjà mentionnée plus haut. Les échanges sont intenses, nombreux et sans complaisance pour Dominique (nous y reviendrons). Même traitement pour Bernard Lenoir, soutien de la première heure, qui se voit intimer l’ordre un soir par un dénommé Pierre-Jacob de fermer sa gueule parce qu’il parle trop entre les chansons lors d’une Black Session.

Pas de souvenir de la date au Ninkasi à Lyon quelques semaines plus tard mais, par contre, j’ai en tête un concert improvisé avec Noir Désir et Yann Tiersen, place des Terreaux à Lyon entre les deux tours de l’élection présidentielle pour dire « Non » au père Le Pen.

Les Inrocks sont à nouveau sur le coup et reviennent longuement sur cet engagement citoyen :

Un concert estival est l’occasion de retourner à Grenoble pour une nouvelle date en groupe et une nouvelle setlist écrite à la main ce coup-ci :

Episode 9 : Auguri

2001 : Nouveau départ. Je quitte Grenoble sans regret et j’emménage à Lyon. Dominique donne à nouveau de ses nouvelles via la compil des Inrocks avec un titre qui dépote bien : Pour la peau.

La sortie d’Auguri est l’occasion pour les Inrocks de réaliser une interview croisée avec Miossec qui de son côté sort un nouvel opus intitulé Brûle. Souvenirs de casse-couilles.


A la même époque Dominique se produit en solo dans une salle un peu glauque de Lyon et expérimente sur scène un système de re-recording qui lui permet de construire les morceaux à base de samples joués live. De son propre aveu ultérieur, il ne maîtrisait pas encore tout à fait cette technique (moins en tout cas que Joseph Arthur qui lui a montré la voie), mais il en fera la constante de ses concerts solos à venir (mes préférés). Nouvelle taquinerie avec un spectateur qui le branche depuis le début du concert et à qui il demande d’aller lui chercher une bière. Alors que ce dernier s’exécute, et revient avec la bière demandée, il se retrouve un bon moment la main tendue pendant que Dominique accorde sa guitare sans le voir. Interrogé plus tard par mes soins sur cette brimade, Dominique me certifiera ne pas avoir vu le gars avec sa bière à la main. Auguri découvert ce soir-là en avant-première reste aujourd’hui mon album favori.

article issu de la revue culturelle 491

Episode 8 : Remué, explication de texte

Très vite un rituel s’est imposé : à chaque nouvel album, Dominique fait la couverture des Inrocks. En 1999, Remué ne fait pas exception après une mise en bouche en début d’année

on apprend peu de temps après que « Dominique A n’est pas un jeune homme moderne ».

Comprenne qui pourra.


Bien plus rares ont été les apparitions de Dominique dans la presse rock traditionnelle. Je n’ai pas en mémoire d’articles dans Rock and Folk et contre toute attente j’en ai trouvé un dans Best.

Sauf erreur de ma part, Dominique a récemment déclaré qu’il lisait ces revues quand il était plus jeune et dans mon souvenir, Best proposait plutôt ce type de couvertures (ceci dit, j’aime beaucoup Iron Maiden et Bruce Dickinson).

Mais en 1999, Best s’est fendu d’un bel article pas du tout à côté de la plaque, sans complaisance (c’est écrit) et fort esthétique, il faut en convenir. Jugez plutôt :

Vers le bleu ?

Episode 7 : Le choc « Remué »

1999, j’ai quitté Nice où je tournais en rond. Direction Grenoble pour un premier vrai job. Je n’aime pas trop cette ville. J’ai du mal à m’y faire des connaissances et je retrouve souvent et principalement un pote niçois lui aussi expatrié. Quelques concerts Rock même si le Reggae règne en maître dans le chef-lieu du Dauphiné : Muse, Massive Attack, The Cure, Tue-Loup, Louise Attaque.

 Je n’attendais pas spécialement le nouvel opus de Dominique, Remué, mais je l’ai quand même acheté dès sa sortie. Et comme beaucoup de gens j’ai dû être dérouté par le parti pris radical de l’album. Je n’étais pas au courant de la volonté de Dominique de rompre avec l’image de sauveur de la chanson française de qualité. Pour avoir réécouté récemment l’album dans sa réédition augmentée, je me dis que c’était super gonflé de commencer avec un titre aussi âpre que Comment Certains Vivent morceau mal aimable s’il en est. Je ne fais pas partie de ceux qui ont longtemps (et en vain) réclamé un Remué II, mais j’aime beaucoup cet album. Y figure notamment Retrouvailles, dont les vers suivants sont devenus ma devise sur différents forums : « non je ne suis pas si drôle que ça, on dit l’inverse, en général, les gens me trouvent un peu sévère mais sympa »

C’est également à Grenoble que je vois Dominique sur cette tournée. Si ce soir-là, le public est au rendez-vous c’est probablement dû à Yann Tiersen avec qui Dominique partage l’affiche. Tiersen commençait à se tailler alors un beau succès avant même la déferlante Amélie Poulain. Pour en avoir discuté avec Dominique, ce fût pour lui une tournée éprouvante. Jouer devant 80 personnes dans des salles pouvant en accueillir dix fois plus, n’était pas chose aisée. C’était manifestement le prix à payer pour se débarrasser des fans de Gilbert Bécaud dont il était censé assurer la relève.

Une anecdote relevée lors d’un de ses rares passages dans le Sud-Est qu’il a longtemps snobé de crainte probablement d’avoir à rendre des comptes au fan club de Dick Rivers. A Grasse, à l’issue d’un concert organisé par une petite structure locale et où le public ne s’était pas déplacé en masse, Dominique proposa spontanément de réduire son cachet pour ne pas faire boire le bouillon à l’organisateur. Sévère mais sympa.

Episode 6 : Les années Lithium

Est-ce que l’histoire aurait été la même sans la rencontre avec Vincent « casse-burnes » Chauvier ? On ne le saura jamais. Petit retour des Inrocks sur les années Lithium. Qu’est devenu Vincent au fait ?

Bel hommage à Michel Berger

Episode 5 : Bonus photos (presque inédites)

Il fut un temps où je guettais sur internet la mise en vente de tout objet en rapport avec Dominique. C’était ma période groupie option fétichiste. Je me suis bien calmé depuis même si je continue à collectionner les dédicaces sur CD ou livres. De cette période je conserve quelques souvenirs dont quelques photos de cette session réalisée pour illustrer les articles de presse accompagnant la sortie de La Mémoire Neuve.

Elles sont signées P. Messina et on y retrouve le fameux pullover rouge à col roulé.

A très bientôt pour d’autres souvenirs.

Photo P. Messina
Photo P. Messina
Photo P. Messina
Photo P. Messina

Episode 4 : Découverte et premier concert

Retour en 1995 ou 1996 donc. Je vis à Nice. N’ayant jamais imaginé écrire un jour sur le sujet, je n’ai pas pris de notes. Comme dans ma vie de tous les jours je fais (trop ?) confiance à ma mémoire. Il n’est donc pas exclu que des imprécisions ou des anachronismes se glissent ici-ou-là.

Je ne saurais dire avec exactitude comment je suis venu à la musique de Dominique. L’hypothèse la plus probable est l’emprunt de la Mémoire neuve à la médiathèque que je fréquentais beaucoup à l’époque. Je ne peux pas à proprement parler de coup de foudre. J’étais sensible au charme suranné de l’album et je n’avais pas écouté précédemment La Fossette ou Si je connais Harry que je découvrirai bien plus tard.

Pas de coup de foudre donc mais suffisamment d’intérêt pour que j’offre le CD à ma copine de l’époque et pour que je prenne ma place pour le concert de Dominique au Forum (ancien cinéma ayant pallié pendant quelque temps le manque cruel de salles de concerts à Nice).

De ce concert, je garde deux souvenirs précis : tout d’abord, les musiciens qui échangeaient régulièrement les instruments entre-eux. Il devait y avoir sur scène Sacha Toorop, Pierre Bondu et Françoiz Breut bien sûr qui intervenait en cours de concert. Ce qui m’a marqué également, c’est la propension de Dominique à chambrer son public. Quelques exemples : Dominique se mettant à fredonner Nice baie des anges de Dick Rivers et demandant au public si nous n’avions jamais pensé à faire un procès au grand Dick pour cette chanson. Réponse d’un petit malin : « Dick Rivers c’est notre fierté ». Conclusion de Dominique : « Ah ben ça explique pas mal de choses ».

Je ne résiste pas au plaisir de partager le clip de ce sommet de la chanson française :

Un peu plus tard, un spectateur réclame entre chaque chanson, un titre de Miossec en indiquant que ce dernier a repris le Twenty-Two Bar lors de son concert niçois. Réponse de Dominique : « Mais quel est ce chanteur polonais dont vous me rebattez les oreilles depuis tout à l’heure ? ».

Dernière saillie et pas la moindre : un petit malin (toujours le même ?) dit à Dominique qu’il l’a vu Au cercle de minuit. « On t’a vu l’autre soir chez Laure Adler ». Pas de réponse. « Elle est bonne Laure Adler ». Pas de réponse. « Tu te l’es faite Laure Adler ? » Et Dominique de répondre : « entendons-nous bien : Laure Adler c’est ma mère ». Et comme peu de gens connaissaient le patronyme de Dominique à l’époque, ça avait jeté un léger froid. Magnéto Serge :

https://www.ina.fr/video/I06012610/dominique-a-a-propos-de-ses-debuts-video

Je me rappelle enfin avoir été favorablement impressionné par une chanson intitulée Sous la neige. Je laissais donc provisoirement Dominique de côté même si je me souviens avoir écouté avec plaisir le premier album qu’il avait composé pour Françoiz Breut.

Merci à Jérem pour les liens

Episode 3 : Les premières couves

Il ne fait aucun doute que des articles ont été publiés sur Dominique avant 1995, mais cette année-là marque les grands débuts médiatiques du sieur Ané avec à quelques semaines d’intervalles, les unes des Inrockuptibles et de Magic et des articles fouillés inside. Deux articles donc et deux approches très différentes du personnage. D’autres couvertures et d’autres articles suivront au fil du temps, mais ça c’est une autre histoire…

Avec le commentaire de Dominique

Episode 2 : John Merrick

John Merrick a longtemps constitué pour les fans de Dominique la première trace enregistrée de son œuvre. Pourquoi John et pas Joseph Merrick ? Mystère. Question de droits peut-être ?

Est-ce que j’aurai écouté ces titres s’ils n’étaient pas écrits et interprétés par Dominique ? Assurément pas.

Et-ce que je les écoute de temps en temps ? Non plus.

Je viens de m’y coller pour écrire ces quelques lignes et hormis deux titres qui, selon moi, sortent du lot (« Downtown » et « Tous les dimanches se ressemblent »), ce qui m’interpelle c’est sa voix. Haut perchée, très haut perchée. Même si la musique se situe clairement dans la mouvance New Wave, la voix de Dominique évoque quant à elle une forme de chanson réaliste quelque part entre Piaf et Mano Solo. Pendant longtemps, j’ai pensé que la vitesse de défilement de la cassette dont sont issus les enregistrements était en cause, mais ça ne semble pas être le cas si je m’en fie à la version de « Tous les dimanches » qu’on retrouve sur « Les Sons Cardinaux ». Et à y repenser, « Gisor » n’est pas si loin.

Pour illustrer tout ça, quelques documents généreusement fournis par Emmanuel aka Otago.

Livret cassette 1
Livret cassette 2
Extrait du rock nantais

Episode 1 : En guise d’introduction

Ma première rencontre « officielle » avec Dominique A remonte à 2002. J’avais contacté Les Inrockuptibles pour leur proposer un article pour le numéro rédigé par les lecteurs. L’idée était de s’appuyer sur la sortie du coffret Le Détour pour passer en revue la carrière de Dominique. Grâce à l’hebdomadaire, rendez-vous avait été pris à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Etienne en début d’après-midi. Isabelle, ma compagne de l’époque, rencontrée grâce au forum de Dominique, était également du voyage.

A l’issue des balances, Dominique, accompagné de son attaché de presse, nous avait rejoints et avait proposé d’aller faire l’interview dans un café proche de la salle. Ma première question avait pour objectif d’évacuer le stress et de montrer ma connaissance du sujet. Dominique avait fait allusion dans une interview au risque de rencontrer quelqu’un dont on est fan (il faisait référence à un rendez-vous décevant avec Stephen Merritt des Magnetic Fields). Je lui demandais donc si je prenais un risque en venant l’interviewer. « Un gros risque », m’avait-il répondu dans un grand rire. La glace était rompue.

De cet entretien, je garde le souvenir de Dominique très disponible et très prévenant à l’égard des journalistes amateurs que nous étions. Il mentionnera plus tard dans son carnet de bord qu’il avait probablement laissé pas mal d’énergie à évoquer de vieux souvenirs avec « un très gentil couple ».

Même si je suis rétrospectivement assez content du travail effectué avec Isabelle, quelques regrets demeurent : résumer en trois pages ce long temps d’échange avait impliqué de sérieuses coupes dans le riche matériau dont nous disposions ; les dessins réalisés par une amie pour illustrer l’article n’avaient finalement pas été retenus par le journal au profit, il faut le reconnaître, d’une jolie photo ; le titre de l’article que nous avions proposé, « Mes meilleurs Ané », trop référentiel, était également passé à la trappe et remplacé par un passe-partout « Questions pour un champion ».

Photo Soraya Hocine

Interview intégrale pour les plus patients sur CCV : https://www.commentcertainsvivent.com/interviews/dominique-a-intw-saint-etienne

En rangeant il y a quelques semaines, les archives collectées sur Dominique pendant toutes ces années, l’envie m’est venue de les partager. J’ai alors repensé à cette première rencontre. C’est elle qui va guider ce qui va suivre.

Le titre d’abord et son jeu de mot toujours aussi référentiel mais moins pointu depuis que Dominique publie des livres sous son patronyme. Alors va pour « Mes Meilleurs Ané ». 

Concernant les documents mis en ligne, l’idée est de les proposer exhaustivement sans les hiérarchiser. Connaissant l’aversion de Dominique pour la diffusion des documents audios et vidéos de qualité douteuse, vous ne trouverez ici principalement que des archives papier.

L’idée d’un simple archivage ne me satisfaisant pas totalement, j’ai également pris le parti de raconter, en parallèle, ma vie de fan au travers d’anecdotes et de souvenirs liés à Dominique et à sa musique.

Petit souvenir
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)