Episode 24 : les 5 albums île déserte

C’est un peu un passage obligé lorsqu’on interroge un artiste. Sur une île déserte, vous emporteriez quels disques ou quels livres ?

Par l’intermédiaire de ses diverses chroniques, Dominique a souvent eu l’occasion de mettre l’accent sur les albums qui l’ont marqué. Et s’il ne devait en rester que 5, ce seraient lesquels ? Réponse en image et en musique ci-dessous :

Mes Meilleurs Ané : pourquoi ceux-là précisément ?

Dominique A : parce que c’est beau, d’une tristesse toujours chavirante et réconfortante, et qu’il y a comme rarement à chaque fois correspondance absolue entre les chansons et la façon de les mettre en son.

Mais 5, c’est trop peu, je reviens sur beaucoup plus de disques que ça (Nico, Murat, Bashung, Manset, The Opposition, Cure, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Visage, Soft Cell etc…).

Episode 23 : interview 2020

Durant toutes ces années, j’ai rencontré Dominique à de nombreuses reprises et j’ai eu l’occasion de l’interviewer 3 fois. Lorsque j’ai commencé à mettre en ligne ce blog de fan, l’envie est venue de boucler la boucle et d’interroger Dominique sur son rapport à la célébrité. Il s’est gentiment prêté au jeu.

Mes Meilleurs Ané : bonjour Dominique, plusieurs projets en cours concernent des témoignages de tes fans. Tu es habitué à recevoir des réactions instantanées ou à chaud mais à quoi t’attends-tu à la lecture de ces témoignages de longue haleine ? 

Dominique A : des coups de latte et des baisers ! Suivre un artiste sur les années, c’est adhérer, puis rejeter, puis y revenir (ou pas)… Un mouvement de balancier que je connais bien moi- même puisque c’est ce que je ressens vis-à-vis de mes « idoles ». En ça, c’est instructif pour moi, de savoir ce qu’il en a été par rapport à mon parcours. Et plus généralement, et plus simplement, c’est assez touchant de voir comment on est immergé, par chansons interposées, dans l’existence de quelqu’un.

Mes Meilleurs Ané : on raconte souvent qu’à tes débuts c’était tendu sur scène avec le public. Puis c’est devenu plus chambreur par la suite. Comment tu vis ces échanges quand tu es sur scène et comment as-tu évolué par rapport à ça ?

Dominique A : c’était tendu lorsque je l’étais moi-même, et ça peut encore se produire (la dernière fois, en 2018, au Confort Moderne à Poitiers, où j’ai perdu mon sang-froid face à une spectatrice un peu pénible). Après, il n’y a pas de règle. J’essaie à chaque fois de rendre justice aux morceaux eux-mêmes, je suis concentré sur l’exécution, et en recherche de moments où les choses me dépassent, dans le bon sens du terme. Ça n’a pas tant changé je crois, si ce n’est que je suis plus détendu face aux gens, je pense, moins sur mes gardes.

Mes Meilleurs Ané : si on met de côté les réseaux sociaux, pendant longtemps tu n’as pas eu de site internet officiel et c’est finalement un forum de fans (CCV) qui est devenu le support officiel. Comment ça s’est fait ? Est-ce que tu suivais ce qu’on racontait sur toi sur le forum ?

Dominique A : oui, ça m’arrivait bien sûr, mais en cours de tournée, ce n’est pas forcément une bonne chose. Les avis de « fans » ne reflètent pas forcément le point de vue du public dans son ensemble, il y a chez eux un investissement, et un grossissement de la loupe qui peuvent être trompeurs. Après, quand certains commentaires négatifs sont récurrents, c’est qu’il y a incontestablement un fond de vérité, et des choses à revoir. En ce qui concerne la façon dont ça s’est fait avec CCV, Yvan et Sam avaient déjà ouvert le site avant de m’en parler de visu, et quand on s’est vus, on s’est bien entendu et je leur ai proposé tous ces multiples billets, qu’ils mettaient en ligne, et qui m’ont permis de me faire la main sur le plan de l’écriture, sans que ce soit le but premier, qui était d’établir un lien avec les gens qui me suivaient et partager mes engouements.

Mes Meilleurs Ané : beaucoup de gens connaissent l’anecdote sur ton premier passage aux victoires de la musique. Bernard Lenoir évoque dans un documentaire qui t’est consacré, ce refus de la célébrité. Aujourd’hui tu occupes une place importante dans la chanson française mais est-ce que tu n’as jamais eu envie que ça cartonne encore plus pour toi ?

Dominique A : ah ben si, j’aimerais bien que ça cartonne vraiment ! Mais comment se plaindre ? Je suis toujours là,  j’en vis bien, et plein de gens accordent encore de l’attention à ce que je fais. On n’est pas si nombreux à pouvoir en dire autant au bout d’une trentaine d’années.

Mes Meilleurs Ané : lorsque tu évoques tes influences, il y a en général deux voies distinctes : la chanson française classique (Barbara, Brel) et le rock indé / new wave. Qui est pour toi au final la figure la plus importante de la musique ?

Dominique A : je ne peux pas choisir mon camp musicalement, je suis exactement à la croisée des chemins. Mark Long, chanteur de The Opposition, avec qui j’ai eu l’honneur de donner un concert en décembre à Nantes, m’a dit que c’est ce qu’il aimait chez moi: un classicisme français dans la voix imbriqué à un son selon lui typiquement anglais.

Mes Meilleurs Ané : lorsque Talk Talk a sorti The Laughing Stock, tout le monde a parlé de suicide commercial. Comment analyses-tu la démarche de Mark Hollis une fois qu’il a atteint des sommets de célébrité ? As-tu eu toi-même ce type de tentation du repli à un moment donné ?

Dominique A : oui, je connais bien cette tentation, stérile s’il n’y a que de l’orgueil derrière, et j’ai donné dans ce travers. En ce qui concerne Mark Hollis, je crois qu’il ne pouvait pas faire autrement, et qu’il avait en ligne de mire artistique une vision musicale qui ne souffrait d’aucun accommodement avec l’industrie. Mais ça, on ne peut pas le décider. Se lever le matin et se dire que sciemment, on va casser le jouet, ça ne se peut pas, sauf si c’est encore une fois l’orgueil qui parle, et pas une nécessité artistique.

Mes Meilleurs Ané : pour conclure cet entretien, est-ce qu’à ce stade, tu peux me dire quelle direction prendra ton prochain album ?

Dominique A : c’est encore flou. Je sais juste que ce sera un travail de groupe, avec des arrangements d’orchestre. J’ai une dizaine de morceaux écrits, mais qui vont sans doute beaucoup évoluer avec le travail de groupe. Je vais sinon faire diffuser bientôt sur le net un ep très électro, enregistré en période de quarantaine, et qui ne préfigure en rien de ce que sera la suite: une façon d’exprimer musicalement et en temps réel ce que j’ai ressenti ces derniers mois, et de maintenir un lien avec les gens qui me suivent, comme avec la reprise de « L’éclaircie ».

Episode 22 : 2018 / 2019 Toute latitude – La fragilité

Dominique fait son retour en mars 2018 avec Toute Latitude. Je suis partagé concernant cet album. Autant un titre comme Corps de ferme à l’abandon me parle et marquera durablement les esprits je pense, autant la volonté de saisir l’air du temps me passe un peu au-dessus.

Côté presse, les fidèles Inrocks consacrent une nouvelle couverture à Dominique :

walk like an egyptian

Alors que dans un autre média ami, Télérama, Valérie Lehoux se fend d’un article pour le moins critique qui n’est pas loin de refléter mon propre état d’esprit.

Côté scène, je vois tout de même Dominique à quatre reprises en quelques mois. Si je ne devais retenir qu’un seul concert, ce serait la rive solitaire à la Cité de la Musique en avril avec la découverte d’Adrian Crowley en première partie, et la primeur de certains titres de La fragilité.

A Manosque où je me rends en septembre 2018 après quelques années d’absence, Dominique met en musique son dernier livre Ma vie en morceaux une mise en perspective de sa vie et de ses chansons. Quelque part, toutes proportions gardées, ce que je viens de faire à mon tour. Il renouvellera l’expérience à Bron quelques mois plus tard.

A l’issue d’une énième rencontre Fnac, nous allons discuter avec lui avec Isabelle et il nous laisse son mail. Depuis lors je me permets de temps en temps quelques remarques de vieux fan.

Après toutes ces années, alors qu’il se rappelle maintenant de mon prénom, il m’est toujours difficile de l’aborder et de discuter avec lui. Ce site est ma façon d’exprimer ce que je n’ai jamais pu lui dire de vive voix.

A suivre…

Episode 21 : 2015 – Eléor

En 2015 la sortie d’Eléor m’inspire des sentiments mitigés. La tonalité mainstream de l’ensemble ne me touche pas à quelques notables exceptions (Au revoir mon amour, L’océan, Oklahoma 1932). Je le vois pourtant (on ne se refait pas) sur scène à trois reprises en début (Grenoble), milieu (Carhaix) et fin de tournée (Caluire). Les concerts sont bons mais si Jeff Hallam apporte un vrai plus, Thomas Poli manque à l’appel et son inventivité fait défaut.

Paradoxalement, au final c’est le concert des Vieilles charrues, sous un ciel menaçant, et devant un public plus ou moins attentif, qui m’aura le plus convaincu grâce à son format festival plus ramassé.

https://www.ina.fr/video/G1582572_001_007/vieilles-charrues-dominique-a-video.html

Merci à Jérémie pour toutes ces pépites

Episode 20 : 2012 Vers les lueurs…

Double actualité en 2012 pour Dominique : Vers les lueurs côté musique et Y revenir côté livre. Au premier abord, Vers les lueurs ne me séduit pas plus que ça et j’ai du mal avec le combo groupe rock + quintet classique. Rendez-nous la lumière, qui par la suite m’emballera régulièrement en concert, me laisse perplexe. L’aspect frontal du propos tranche par rapport aux textes précédents à tel point que certains fans comparent le morceau à du Florent Pagny (rendez-nous les impôts ?). Par contre, Le Convoi m’emporte littéralement et le triumvirat Inrocks / Magic / Télérama est au rendez-vous.

Les Inrocks mars 2012
Magic avril 2012
Télérama avril 2012

Dans un premier temps je décide de faire l’impasse sur le concert de Dominique aux Nuits de Fourvière, hérésie lorsque je pense au nombre de kilomètres engrangés pour le voir. Je me ravise finalement suite à un bref échange avec lui à l’issue d’une rencontre autour d’Y revenir. Je me dis que je ne peux pas passer à côté d’une occasion de le voir si près de chez moi. Bien m’en prend car c’est l’occasion de le voir interpréter La Fossette en trio et en intégralité. En deuxième partie, l’apport du quintet à vents ne me convainc pas plus que sur disque et il faudra un concert en format rock à Fontaine près de Grenoble pour que j’adhère totalement.

Episode 19 : 2009 – La musique / La matière

Nouveau bond en avant dans les années. Je suis peut-être passé à autre chose. Je ne sais plus. Pas d’attente particulière au moment de la sortie de La Musique et La Matière. Si sur le moment, j’ai bien aimé ces albums, a posteriori, La Musique reste aujourd’hui l’un de mes préférés et un de ceux que j’écoute le plus souvent.

La sortie du dyptique est l’occasion pour les Inrocks de donner les clés de leur hebdo à Dominique rédacteur en chef d’un jour. L’occasion d’évoquer sa passion pour le graphisme, ses engagements citoyens et quelques confrères dont le « nihiliste caennais » Orelsan et le maître Alain Bashung. L’occasion enfin d’une explication de texte avec Luz et ses dessins sur les chanteurs francais.

Sur scène Dominique joue en trio avec un nouveau venu, Thomas Poli, qui apporte une touche personnelle très bienvenue. Emballé par le concert, je monte voir Dominique au casino de Paris où je croise Jipé Nataf à qui je dis tout le bien que je pense de ses albums solos. Même si pendant cette période je m’éloigne de Dominique, je me rends compte que j’aurai quand même écumé pas mal de salles à Paris ou en Rhône-Alpes pour le voir en concert. J’ai arrêté de faire le décompte des concerts ou show case auxquels j’ai assistés à ce jour, mais plus d’une cinquantaine ne me paraît pas improbable.

Episode 18 : Dominique vs Katerine

Pas beaucoup d’actualité en 2007. Si l’on en croit les Inrocks, Dominique et Philippe Katherine, pourtant compagnons de route de longue date, n’avaient jamais fait l’objet d’une interview croisée. Ce fut chose faite cette année-là. Au programme, correspondance chatiée et léchage de torse au cognac. Et une nouvelle couv’ en prime bien sûr.

Aime-moi moins

Peu d’actualité mais grand chelem culturel avec tirage de portrait en dernière page de Libé et article dans Télérama.

Episode 17 : 2006 dans un camion

Fin 2006. Comme promis lors de la rencontre à Saint-Etienne quelques mois plus tôt, Dominique nous donne à nouveau rendez-vous pour un entretien longue durée avant le concert lyonnais de la tournée Horizon. Yohann fait le déplacement depuis Avignon.

Nouvelle interview donc et nouvel angle d’attaque : les collaborations. Nous souhaitons échanger avec Dominique sur ses choix en matière de musiciens, ingé son etc. et sur sa manière de travailler avec eux. L’idée est également d’interroger ces derniers sur leur rapport à Dominique. Si celui-ci se prête volontiers au jeu des questions / réponses, les musiciens qui l’accompagnent sur la tournée, ne sont pas au courant de notre demande et ne sont pas spécialement partants pour discuter avec nous quelques instants avant le concert. Pour couronner le tout, nous ne parviendrons pas avec Yohann à mettre en forme l’interview qui ne sera au final jamais publiée ce qui scellera la fin de notre collaboration.

Episode 16 : 2006 – Nouveaux horizons

En 2006, Dominique sort un nouvel album intitulé l’Horizon. Toujours friand d’infos sur les coulisses du spectacle, je note quelque part que la réalisation de cet album a coûté 75 000 € que Dominique a financé pour moitié. La sortie de l’album donne lieu aux désormais habituels articles très positifs dans les Inrocks et Magic mais également Télérama qui l’aimait bien à l’époque…

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