Episode 14 : Le grand pardon

2005 ne me laisse pas de souvenirs même si je suis à peu près sûr d’avoir vu Dominique sur scène au théâtre de Nice.

Demandez Nice-Matin

Je retrouve dans mes archives un article de Dominique publié dans Mares “le journal d’information du pôle-relais Mares et Mouillères de France”. ça ne s’invente pas. Il y est question de l’eau, thématique qui reviendra régulièrement par la suite dans son oeuvre musicale et littéraire.

si ça c’est pas du collector…

Il est fort probable que c’est à ce moment-là que refusant de nous laisser abattre, nous ayons décidé avec Yohann (aka Libilule) de travailler sur un projet de blog sur Dominique. Pas de forum, donc pas de problèmes en vue.

Nous choisissons d’intituler notre site Revenir au monde. Yohann a pondu un joli design et le blog a belle allure. On y intègre quelques archives (déjà) et, sans le moindre contact, Yohann parvient à dénicher des infos en avant-première sur Dominique. Cela lui vaut un jour d’être contacté par la maison de disque qui lui demande gentiment de garder pour lui un scoop déniché par hasard. Il s’y plie de bonne grâce mais réclame en échange une mèche de cheveux de Dominique. Sa demande ne sera bizarrement jamais exaucée.

Cela nous permet toutefois d’établir un contact avec le management de Dominique et de décrocher quelques minutes d’interview avant un nouveau concert à Saint-Etienne (salle Jeanne d’Arc toujours).

Même si le contact avait à nouveau été établi après un show case quelque temps auparavant, je me présente à la salle sans savoir à quoi m’attendre. Dominique m’accueille en riant avec un « alors c’est vous les dissidents ? » puis me remet et me dit que j’aurais dû me faire connaître pour bénéficier d’un temps d’échange plus conséquent. Pour éviter la redite avec l’interview des Inrocks, j’avais récupéré une liste de titres choisis par Dominique  pour la Fnac et je lui demande de les commenter.

Nous parlons notamment de Riverman de Nick Drake et, plus surprenant, de Candy’s room de Bruce Springsteen dont Dominique apprécie particulièrement l’intro toute en crescendo qu’il se met à chanter pour moi à pleine voix à l’instar du Boss.

Episode 13 – 2004 : L’imprudent

2004 et nouvelle couverture des Inrocks et nouvel article pour la sortie de Tout Sera Comme Avant.

Epok éphémère revue de la FNAC
J’achetais tout et n’importe quoi sur internet à l’époque…
Le Petit Bulletin

Fin 2004, bien que refroidi par l’épisode du forum avorté, je vois Dominique sur scène au Transbordeur à côté de Lyon. Une petite anecdote : sur cette tournée, Daniel Pabeuf, ancien membre de plusieurs groupes de rock français dont Marquis de Sade, fait partie de l’aventure. Un spectateur réclame systématiquement un titre des rennais ce à quoi Dominique met sèchement un terme en disant que Daniel Pabeuf doit le détester à ce moment-là. Il est assez frappant que Dominique, année après année, se coltine encore de temps en temps en concert des lourdauds qui lui cherchent des noises. Dominique ne présente pas les musiciens sur cette tournée (« ils n’aiment pas ça ») et même si le groupe semble bien vivre, se dégage de l’ensemble une impression de professionnalisme un peu froid qui, une fois n’est pas coutume, ne me touche pas.

Le Petit Bulletin
Setlist in progress (quel concert ?)

Episode 12 : 2003 / 2004 Coup de froid

Retour en 2003 donc. S’il s’agit d’une année calme artistiquement pour Dominique, sur le forum (CCV) ça s’agite. Les SYG qui l’administrent souhaitent mettre le paquet sur le contenu éditorial et n’ont pas trop envie de se prendre la tête à modérer nos propos. Et le ton monte. Un exemple : Dominique m’ayant raconté qu’Arnaud Viviant des Inrocks avait revendu son exemplaire dédicacé du Disque Sourd, je relate l’anecdote sur le forum et me fais limite traiter de collabo pour avoir balancé son nom. Une autre fois, suite à un post d’un des membres jugé irrespectueux, le forum ferme quelques jours avec menace implicite de fermeture définitive si on continue dans cette voie.

Peu en phase avec cette ligne de conduite, nous décidons avec Yohann aka Libilule de lancer un forum alternatif dont le ton se veut plus libre que sur CCV qui devient à cette époque le site officiel de Dominique. Sans être paranos, on sent que l’initiative ne plaît pas beaucoup et qu’on est attendu au tournant. Et le tournant arrive très vite. Une contributrice met en ligne sur notre site deux titres peu audibles enregistrés lors d’une courte prestation de Dominique et quelqu’un se charge de l’en informer. Fureur de sa part qui en parle dans une émission de radio en exprimant son mécontentement vis-à-vis de soi-disant fans qui se prennent pour des chevaliers blancs (sic) mais qui au fond ne le respectent pas. J’apprendrai plus tard que Dominique s’était sérieusement posé la question de faire fermer notre site. Finalement, il n’a pas à se donner cette peine puisqu’un hacker pirate notre site et le fait taire définitivement.

L’histoire n’aura duré que 2 ou 3 mois mais plombera quelque temps ma relation avec Dominique. J’ai notamment en mémoire une séance de dédicace au Salon du Livre à Paris, où Dominique était entouré des auteurs ayant écrit des nouvelles inspirées de son nouvel album Tout sera comme avant. Ce jour-là, j’ai été dans l’incapacité de m’approcher et c’est ma compagne qui s’était chargée de la dédicace.

Mais j’anticipe. Le premier contact avec Tout sera comme avant se fait je pense lors d’une lecture donnée à Bron en compagnie d’une actrice nommée Laëtitia Bégou qui lit des textes que Dominique met en musique. Laëtitia prendra plus tard pour nom de scène Laëtitia Velma.

avec l’ex Married Monk et régional de l’étape Fabio Viscogliosi

Bonus subculture 1993 (gracieusement mis à disposition par Otago)

J’ai fait la connaissance d’Emmanuel aka Otago par le biais de CCV. Je suis assez admiratif de sa capacité à trouver des documents inédits et / ou rares concernant Dominique qu’il partage toujours généreusement. Plutôt orienté années 2010 et plus, il a déniché, une fois n’est pas coutume, un document datant de 1993 qui a toute sa place dans ce blog rétrospectif.

Si vous possédez d’autres documents de ce type et que vous souhaitez en faire profiter la communauté, c’est avec plaisir que je les publierai avec votre autorisation. A bon entendeur.

Subculture été / automne 1993

Episode 11 : la grosse année 2002 (2ème partie)

Nous voilà donc à Saint-Etienne pour une interview organisée par les Inrocks au moment de la sortie du coffret Le détour. Nous avons fait le déplacement avec Isabelle ma copine de l’époque. Je ne résiste pas au plaisir de remettre l’article en ligne pour celles et ceux qui auraient manqué le début de ma plongée dans mes souvenirs anésiens :

Les Inrocks Numéro spécial lecteurs

Une chose qui me revient après coup : j’avais demandé à Dominique s’il n’avait jamais songé à se réapproprier une chanson écrite pour quelqu’un d’autre. C’était avant Revenir au monde (refusée par Jane Birkin de mémoire) ou Immortels (non utilisée par Alain Bashung) et finalement intégrées au répertoire de Dominique. Sur le coup, il m’avait répondu par la négative en me demandant toutefois à quel titre je pensais en particulier. J’avais en tête Motus qui figure sur le premier album de Françoiz Breut et lui en fit part.

Quelques jours plus tard, nouveau concert, à Saint-Genis-Laval cette fois.

Le petit bulletin

Isabelle est présente avec moi. Dominique déroule son set et à notre grande surprise joue Motus pour une des seules fois de sa carrière à ma connaissance.  Est-ce que Dominique, nous sachant dans la salle avait voulu nous faire plaisir, ou est-ce que l’idée avait cheminé dans son esprit et ne lui avait pas semblé si saugrenue au fond ? Allez savoir.

Episode 10 : La grosse année 2002 (1ère partie)

La tournée qui suit la sortie de l’album débute à Mâcon et je parviens à convaincre ma compagne de l’époque de faire le déplacement à la Cave à Musique. Selon Vincent Dedienne, régional de l’étape, « Mâcon c’est un peu l’idée qu’on peut se faire de la mort, ou mieux, de l’agonie ». Mais le concert est superbe et, premier signe de fan attitude, je récupère la setlist que je fais dédicacer par Dominique.



A partir de ce moment, je commence à m’intéresser sérieusement au bonhomme. Je réclame des enregistrements pirates sur le site de sa maison de disque et on m’oriente discrètement vers son forum alors non officiel Comment Certains Vivent (CCV pour les intimes). J’y fais la connaissance virtuelle de quelques joyeux drilles (Jröm, Yohann aka libilule) qui dissertent à l’envi sur Dominique et j’y rencontre Isabelle déjà mentionnée plus haut. Les échanges sont intenses, nombreux et sans complaisance pour Dominique (nous y reviendrons). Même traitement pour Bernard Lenoir, soutien de la première heure, qui se voit intimer l’ordre un soir par un dénommé Pierre-Jacob de fermer sa gueule parce qu’il parle trop entre les chansons lors d’une Black Session.

Pas de souvenir de la date au Ninkasi à Lyon quelques semaines plus tard mais, par contre, j’ai en tête un concert improvisé avec Noir Désir et Yann Tiersen, place des Terreaux à Lyon entre les deux tours de l’élection présidentielle pour dire « Non » au père Le Pen.

Les Inrocks sont à nouveau sur le coup et reviennent longuement sur cet engagement citoyen :

Un concert estival est l’occasion de retourner à Grenoble pour une nouvelle date en groupe et une nouvelle setlist écrite à la main ce coup-ci :

Episode 9 : Auguri

2001 : Nouveau départ. Je quitte Grenoble sans regret et j’emménage à Lyon. Dominique donne à nouveau de ses nouvelles via la compil des Inrocks avec un titre qui dépote bien : Pour la peau.

La sortie d’Auguri est l’occasion pour les Inrocks de réaliser une interview croisée avec Miossec qui de son côté sort un nouvel opus intitulé Brûle. Souvenirs de casse-couilles.


A la même époque Dominique se produit en solo dans une salle un peu glauque de Lyon et expérimente sur scène un système de re-recording qui lui permet de construire les morceaux à base de samples joués live. De son propre aveu ultérieur, il ne maîtrisait pas encore tout à fait cette technique (moins en tout cas que Joseph Arthur qui lui a montré la voie), mais il en fera la constante de ses concerts solos à venir (mes préférés). Nouvelle taquinerie avec un spectateur qui le branche depuis le début du concert et à qui il demande d’aller lui chercher une bière. Alors que ce dernier s’exécute, et revient avec la bière demandée, il se retrouve un bon moment la main tendue pendant que Dominique accorde sa guitare sans le voir. Interrogé plus tard par mes soins sur cette brimade, Dominique me certifiera ne pas avoir vu le gars avec sa bière à la main. Auguri découvert ce soir-là en avant-première reste aujourd’hui mon album favori.

article issu de la revue culturelle 491

Episode 8 : Remué, explication de texte

Très vite un rituel s’est imposé : à chaque nouvel album, Dominique fait la couverture des Inrocks. En 1999, Remué ne fait pas exception après une mise en bouche en début d’année

on apprend peu de temps après que “Dominique A n’est pas un jeune homme moderne”.

Comprenne qui pourra.


Bien plus rares ont été les apparitions de Dominique dans la presse rock traditionnelle. Je n’ai pas en mémoire d’articles dans Rock and Folk et contre toute attente j’en ai trouvé un dans Best.

Sauf erreur de ma part, Dominique a récemment déclaré qu’il lisait ces revues quand il était plus jeune et dans mon souvenir, Best proposait plutôt ce type de couvertures (ceci dit, j’aime beaucoup Iron Maiden et Bruce Dickinson).

Mais en 1999, Best s’est fendu d’un bel article pas du tout à côté de la plaque, sans complaisance (c’est écrit) et fort esthétique, il faut en convenir. Jugez plutôt :

Vers le bleu ?

Episode 7 : Le choc “Remué”

1999, j’ai quitté Nice où je tournais en rond. Direction Grenoble pour un premier vrai job. Je n’aime pas trop cette ville. J’ai du mal à m’y faire des connaissances et je retrouve souvent et principalement un pote niçois lui aussi expatrié. Quelques concerts Rock même si le Reggae règne en maître dans le chef-lieu du Dauphiné : Muse, Massive Attack, The Cure, Tue-Loup, Louise Attaque.

 Je n’attendais pas spécialement le nouvel opus de Dominique, Remué, mais je l’ai quand même acheté dès sa sortie. Et comme beaucoup de gens j’ai dû être dérouté par le parti pris radical de l’album. Je n’étais pas au courant de la volonté de Dominique de rompre avec l’image de sauveur de la chanson française de qualité. Pour avoir réécouté récemment l’album dans sa réédition augmentée, je me dis que c’était super gonflé de commencer avec un titre aussi âpre que Comment Certains Vivent morceau mal aimable s’il en est. Je ne fais pas partie de ceux qui ont longtemps (et en vain) réclamé un Remué II, mais j’aime beaucoup cet album. Y figure notamment Retrouvailles, dont les vers suivants sont devenus ma devise sur différents forums : “non je ne suis pas si drôle que ça, on dit l’inverse, en général, les gens me trouvent un peu sévère mais sympa”

C’est également à Grenoble que je vois Dominique sur cette tournée. Si ce soir-là, le public est au rendez-vous c’est probablement dû à Yann Tiersen avec qui Dominique partage l’affiche. Tiersen commençait à se tailler alors un beau succès avant même la déferlante Amélie Poulain. Pour en avoir discuté avec Dominique, ce fût pour lui une tournée éprouvante. Jouer devant 80 personnes dans des salles pouvant en accueillir dix fois plus, n’était pas chose aisée. C’était manifestement le prix à payer pour se débarrasser des fans de Gilbert Bécaud dont il était censé assurer la relève.

Une anecdote relevée lors d’un de ses rares passages dans le Sud-Est qu’il a longtemps snobé de crainte probablement d’avoir à rendre des comptes au fan club de Dick Rivers. A Grasse, à l’issue d’un concert organisé par une petite structure locale et où le public ne s’était pas déplacé en masse, Dominique proposa spontanément de réduire son cachet pour ne pas faire boire le bouillon à l’organisateur. Sévère mais sympa.

Episode 6 : Les années Lithium

Est-ce que l’histoire aurait été la même sans la rencontre avec Vincent “casse-burnes” Chauvier ? On ne le saura jamais. Petit retour des Inrocks sur les années Lithium. Qu’est devenu Vincent au fait ?

Bel hommage à Michel Berger