Episode 7 : Le choc “Remué”

1999, j’ai quitté Nice où je tournais en rond. Direction Grenoble pour un premier vrai job. Je n’aime pas trop cette ville. J’ai du mal à m’y faire des connaissances et je retrouve souvent et principalement un pote niçois lui aussi expatrié. Quelques concerts Rock même si le Reggae règne en maître dans le chef-lieu du Dauphiné : Muse, Massive Attack, The Cure, Tue-Loup, Louise Attaque.

 Je n’attendais pas spécialement le nouvel opus de Dominique, Remué, mais je l’ai quand même acheté dès sa sortie. Et comme beaucoup de gens j’ai dû être dérouté par le parti pris radical de l’album. Je n’étais pas au courant de la volonté de Dominique de rompre avec l’image de sauveur de la chanson française de qualité. Pour avoir réécouté récemment l’album dans sa réédition augmentée, je me dis que c’était super gonflé de commencer avec un titre aussi âpre que Comment Certains Vivent morceau mal aimable s’il en est. Je ne fais pas partie de ceux qui ont longtemps (et en vain) réclamé un Remué II, mais j’aime beaucoup cet album. Y figure notamment Retrouvailles, dont les vers suivants sont devenus ma devise sur différents forums : “non je ne suis pas si drôle que ça, on dit l’inverse, en général, les gens me trouvent un peu sévère mais sympa”

C’est également à Grenoble que je vois Dominique sur cette tournée. Si ce soir-là, le public est au rendez-vous c’est probablement dû à Yann Tiersen avec qui Dominique partage l’affiche. Tiersen commençait à se tailler alors un beau succès avant même la déferlante Amélie Poulain. Pour en avoir discuté avec Dominique, ce fût pour lui une tournée éprouvante. Jouer devant 80 personnes dans des salles pouvant en accueillir dix fois plus, n’était pas chose aisée. C’était manifestement le prix à payer pour se débarrasser des fans de Gilbert Bécaud dont il était censé assurer la relève.

Une anecdote relevée lors d’un de ses rares passages dans le Sud-Est qu’il a longtemps snobé de crainte probablement d’avoir à rendre des comptes au fan club de Dick Rivers. A Grasse, à l’issue d’un concert organisé par une petite structure locale et où le public ne s’était pas déplacé en masse, Dominique proposa spontanément de réduire son cachet pour ne pas faire boire le bouillon à l’organisateur. Sévère mais sympa.

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