Episode 4 : Découverte et premier concert

Retour en 1995 ou 1996 donc. Je vis à Nice. N’ayant jamais imaginé écrire un jour sur le sujet, je n’ai pas pris de notes. Comme dans ma vie de tous les jours je fais (trop ?) confiance à ma mémoire. Il n’est donc pas exclu que des imprécisions ou des anachronismes se glissent ici-ou-là.

Je ne saurais dire avec exactitude comment je suis venu à la musique de Dominique. L’hypothèse la plus probable est l’emprunt de la Mémoire neuve à la médiathèque que je fréquentais beaucoup à l’époque. Je ne peux pas à proprement parler de coup de foudre. J’étais sensible au charme suranné de l’album et je n’avais pas écouté précédemment La Fossette ou Si je connais Harry que je découvrirai bien plus tard.

Pas de coup de foudre donc mais suffisamment d’intérêt pour que j’offre le CD à ma copine de l’époque et pour que je prenne ma place pour le concert de Dominique au Forum (ancien cinéma ayant pallié pendant quelque temps le manque cruel de salles de concerts à Nice).

De ce concert, je garde deux souvenirs précis : tout d’abord, les musiciens qui échangeaient régulièrement les instruments entre-eux. Il devait y avoir sur scène Sacha Toorop, Pierre Bondu et Françoiz Breut bien sûr qui intervenait en cours de concert. Ce qui m’a marqué également, c’est la propension de Dominique à chambrer son public. Quelques exemples : Dominique se mettant à fredonner Nice baie des anges de Dick Rivers et demandant au public si nous n’avions jamais pensé à faire un procès au grand Dick pour cette chanson. Réponse d’un petit malin : « Dick Rivers c’est notre fierté ». Conclusion de Dominique : « Ah ben ça explique pas mal de choses ».

Je ne résiste pas au plaisir de partager le clip de ce sommet de la chanson française :

Un peu plus tard, un spectateur réclame entre chaque chanson, un titre de Miossec en indiquant que ce dernier a repris le Twenty-Two Bar lors de son concert niçois. Réponse de Dominique : « Mais quel est ce chanteur polonais dont vous me rebattez les oreilles depuis tout à l’heure ? ».

Dernière saillie et pas la moindre : un petit malin (toujours le même ?) dit à Dominique qu’il l’a vu Au cercle de minuit. « On t’a vu l’autre soir chez Laure Adler ». Pas de réponse. « Elle est bonne Laure Adler ». Pas de réponse. « Tu te l’es faite Laure Adler ? » Et Dominique de répondre : « entendons-nous bien : Laure Adler c’est ma mère ». Et comme peu de gens connaissaient le patronyme de Dominique à l’époque, ça avait jeté un léger froid. Magnéto Serge :

https://www.ina.fr/video/I06012610/dominique-a-a-propos-de-ses-debuts-video

Je me rappelle enfin avoir été favorablement impressionné par une chanson intitulée Sous la neige. Je laissais donc provisoirement Dominique de côté même si je me souviens avoir écouté avec plaisir le premier album qu’il avait composé pour Françoiz Breut.

Merci à Jérem pour les liens

Episode 3 : Les premières couves

Il ne fait aucun doute que des articles ont été publiés sur Dominique avant 1995, mais cette année-là marque les grands débuts médiatiques du sieur Ané avec à quelques semaines d’intervalles, les unes des Inrockuptibles et de Magic et des articles fouillés inside. Deux articles donc et deux approches très différentes du personnage. D’autres couvertures et d’autres articles suivront au fil du temps, mais ça c’est une autre histoire…

Avec le commentaire de Dominique

Episode 2 : John Merrick

John Merrick a longtemps constitué pour les fans de Dominique la première trace enregistrée de son œuvre. Pourquoi John et pas Joseph Merrick ? Mystère. Question de droits peut-être ?

Est-ce que j’aurai écouté ces titres s’ils n’étaient pas écrits et interprétés par Dominique ? Assurément pas.

Et-ce que je les écoute de temps en temps ? Non plus.

Je viens de m’y coller pour écrire ces quelques lignes et hormis deux titres qui, selon moi, sortent du lot (« Downtown » et « Tous les dimanches se ressemblent »), ce qui m’interpelle c’est sa voix. Haut perchée, très haut perchée. Même si la musique se situe clairement dans la mouvance New Wave, la voix de Dominique évoque quant à elle une forme de chanson réaliste quelque part entre Piaf et Mano Solo. Pendant longtemps, j’ai pensé que la vitesse de défilement de la cassette dont sont issus les enregistrements était en cause, mais ça ne semble pas être le cas si je m’en fie à la version de « Tous les dimanches » qu’on retrouve sur « Les Sons Cardinaux ». Et à y repenser, « Gisor » n’est pas si loin.

Pour illustrer tout ça, quelques documents généreusement fournis par Emmanuel aka Otago.

Livret cassette 1
Livret cassette 2
Extrait du rock nantais

Episode 1 : En guise d’introduction

Ma première rencontre « officielle » avec Dominique A remonte à 2002. J’avais contacté Les Inrockuptibles pour leur proposer un article pour le numéro rédigé par les lecteurs. L’idée était de s’appuyer sur la sortie du coffret Le Détour pour passer en revue la carrière de Dominique. Grâce à l’hebdomadaire, rendez-vous avait été pris à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Etienne en début d’après-midi. Isabelle, ma compagne de l’époque, rencontrée grâce au forum de Dominique, était également du voyage.

A l’issue des balances, Dominique, accompagné de son attaché de presse, nous avait rejoints et avait proposé d’aller faire l’interview dans un café proche de la salle. Ma première question avait pour objectif d’évacuer le stress et de montrer ma connaissance du sujet. Dominique avait fait allusion dans une interview au risque de rencontrer quelqu’un dont on est fan (il faisait référence à un rendez-vous décevant avec Stephen Merritt des Magnetic Fields). Je lui demandais donc si je prenais un risque en venant l’interviewer. « Un gros risque », m’avait-il répondu dans un grand rire. La glace était rompue.

De cet entretien, je garde le souvenir de Dominique très disponible et très prévenant à l’égard des journalistes amateurs que nous étions. Il mentionnera plus tard dans son carnet de bord qu’il avait probablement laissé pas mal d’énergie à évoquer de vieux souvenirs avec « un très gentil couple ».

Même si je suis rétrospectivement assez content du travail effectué avec Isabelle, quelques regrets demeurent : résumer en trois pages ce long temps d’échange avait impliqué de sérieuses coupes dans le riche matériau dont nous disposions ; les dessins réalisés par une amie pour illustrer l’article n’avaient finalement pas été retenus par le journal au profit, il faut le reconnaître, d’une jolie photo ; le titre de l’article que nous avions proposé, « Mes meilleurs Ané », trop référentiel, était également passé à la trappe et remplacé par un passe-partout « Questions pour un champion ».

Photo Soraya Hocine

Interview intégrale pour les plus patients sur CCV : https://www.commentcertainsvivent.com/interviews/dominique-a-intw-saint-etienne

En rangeant il y a quelques semaines, les archives collectées sur Dominique pendant toutes ces années, l’envie m’est venue de les partager. J’ai alors repensé à cette première rencontre. C’est elle qui va guider ce qui va suivre.

Le titre d’abord et son jeu de mot toujours aussi référentiel mais moins pointu depuis que Dominique publie des livres sous son patronyme. Alors va pour « Mes Meilleurs Ané ». 

Concernant les documents mis en ligne, l’idée est de les proposer exhaustivement sans les hiérarchiser. Connaissant l’aversion de Dominique pour la diffusion des documents audios et vidéos de qualité douteuse, vous ne trouverez ici principalement que des archives papier.

L’idée d’un simple archivage ne me satisfaisant pas totalement, j’ai également pris le parti de raconter, en parallèle, ma vie de fan au travers d’anecdotes et de souvenirs liés à Dominique et à sa musique.

Petit souvenir
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)
Illustration par Géraldine Point (non retenue par les Inrocks)